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VAE : ce qui changera le 1er octobre 2017

Centre Inffo

Il était attendu ! Le décret de réforme de la validation des acquis de l’expérience (VAE) est paru. Il modifie certaines règles de la VAE pour la rendre conforme à la loi Sapin du 5 mars 2014 sur la formation professionnelle et à la loi Travail. Et doit entrer en vigueur au 1er octobre 2017

Le décret du 4 juillet 2017 (JO du 6 juillet) rend éligible à la validation des acquis de l’expérience l’ensemble des activités professionnelles salariées, non salariées, bénévoles ou volontaires, activités des sportifs de haut niveau, des responsables syndicaux ou des élus locaux. En matière d’activités réalisées en formation initiale ou continue, sont désormais prises en compte les périodes de formation en milieu professionnel, de mise en situation en milieu professionnel, les stages pratiques, les préparations opérationnelles à l’emploi (POE) ou les périodes de formation pratique de contrat d’apprentissage, de professionnalisation ou de contrat unique d’insertion.

Suite à la loi du 8 août 2016, sont désormais concernées les activités exercées pendant une durée d’au moins un an, de façon continue ou non, en rapport direct avec le diplôme, le titre professionnel ou le certificat de qualification professionnelle pour lequel la demande est déposée. Les activités exercées en rapport avec cette certification devront l’avoir été pendant au minimum une année (contre trois précédemment), de manière continue ou pas. La durée des activités réalisées hors formation doit être supérieure à celle accomplie en formation.

2 étapes

Comme auparavant, la procédure de VAE comprend deux étapes : la recevabilité de la demande de VAE suivie d’une validation effective par le jury. La seconde étape est réalisée par un organisme certificateur qui peut être soit l’autorité administrative qui délivre la certification, soit l’établissement (ou l’organisme) certificateur. Le candidat à la VAE peut recevoir une aide gratuite pour constituer son dossier, sur demande et bénéficier d’une assistance à l’orientation et à la recherche de financements pour la prise en charge d’une formation complémentaire correspondant aux formations obligatoires requises par le référentiel de la certification recherchée. Les certifications totales ou partielles sont désormais acquises à vie et non plus pour une durée de cinq ans.

Le dossier de recevabilité doit comprendre un formulaire de candidature (selon les modalités fixées par le ministère du Travail), les documents justifiant la durée des activités du candidat et les attestations des formations suivies ultérieurement. Au besoin, d’autres documents spécifiques nécessaires à la validation et fixés par l’organisme certificateur peuvent être également demandés. À noter qu’on ne peut candidater à une VAE qu’une seule fois par an et qu’on ne peut déposer plus de trois dossiers de recevabilité au cours d’une même année civile.

par Benjamin d’Alguerre, Centre Inffo, 2017

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Du coaching vers l’emploi

Par Centre Inffo

Depuis quelques années, les initiatives se multiplient pour offrir les bénéfices du coaching aux personnes éloignées de l’emploi : demandeurs d’emploi, jeunes rencontrant des difficultés d’insertion, etc. Une démocratisation sans dénaturation.

Dès sa création en 2005, l’Association européenne de coaching (AEC, aujourd’hui EMCC) a inscrit le “coaching solidaire” (marque déposée) dans ses statuts. Roger Faciolle, responsable de la commission Coaching solidaire en Île-de-France, explique : “Il s’agit d’ouvrir l’accès au coaching aux personnes qui n’en ont pas les moyens, de le démocratiser comme outil d’accompagnement à la réinsertion et de remobilisation.” Réservé aux personnes aux revenus inférieurs à 1 000 euros par mois et par part fiscale, ce coaching concerne une centaine de personnes par an, dont les deux tiers en Île-de-France. Des associations partenaires dirigent d’éventuels bénéficiaires vers l’EMCC, comme Solidarités nouvelles face au chômage, ou Frateli qui s’adresse aux étudiants en difficultés d’insertion.

Un entretien d’accueil avec des coachs confirmés détermine si le coaching est la bonne solution. “Nous recevons à 80 % des personnes éloignées de l’emploi qui ont besoin d’un soutien moral et professionnel, de techniques pour se remotiver et retrouver l’estime de soi, témoigne Roger Faciolle. Ils peuvent aussi avoir besoin d’un bilan de compétences ou d’être aidés pour des problèmes d’addiction, auquel cas nous les orientons vers les associations idoines.”

Un “coach solidaire”, bénévole et volontaire, est attribué au coaché, qui bénéficie d’un service identique à un coaching standard, à raison de cinq à dix entretiens pendant quatre à huit mois. Les thématiques les plus rencontrées sont également standard : réorientation professionnelle, équilibre entre vie privée et vie professionnelle, accompagnement des transitions de vie, gestion du temps et des émotions, motivation… Mais le coaching solidaire a des spécificités : “C’est enrichissant, mais délicat : les coachs volontaires sont supervisés, doivent avoir une expérience dans le bénévolat et connaître le public précaire”, précise Roger Faciolle. L’EMCC dispose de 100 coachs solidaires parmi ses 750 adhérents.

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Un rassemblement de coachs solidaires. ©EMCC France

Les Missions locales expérimentent

Depuis trois ans, la Mission locale de Clermont-Ferrand entreprend quant à elle du coaching de jeunes diplômés, grâce à un cofinancement de la municipalité et de l’État, dans le cadre du volet emploi et insertion du contrat de ville.
Valérie Bernard, chargée de projet à la Mission locale, explique la genèse de cette initiative : “Les agents des maisons de quartier nous signalaient que certains jeunes diplômés, bac et plus, se montraient un peu réticents par rapport aux institutions. Ils auraient préféré que ces jeunes soient des moteurs positifs. Il fallait trouver une manière de les accrocher avec un processus rapide.” La réponse apportée par le coaching se pratique à flux tendu : “Ce qui est intéressant, c’est que ce dispositif est mobilisable dès la rencontre avec les jeunes qui veulent avancer vite dans leur parcours vers l’emploi et la qualification.”

Avant d’abandonner toute perspective de projet d’avenir, ils sont pris en main par une consultante RH indépendante, Florence Sartirano, qui a déjà travaillé avec les jeunes des quartiers. Elle leur offre un coaching individuel et intensif, à raison d’un rendez-vous par semaine. “Elle travaille avec eux sur leurs compétences, redéfinit le projet éventuellement, indique Valérie Bernard. Parfois ces jeunes ont été mal orientés. Son job consiste aussi à aller au cœur de l’entreprise, pour dépasser les préjugés.”

Depuis 2015, douze jeunes diplômés sont accompagnés chaque année, vingt le seront en 2018. En 2016, onze ont trouvé un emploi, sont en alternance ou ont repris des études plus adaptées à leur projet. Un dispositif gagnant, pour un budget de 20 000 euros par an.

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Les bénéficiaires d’une action de coaching jeunes diplômés de la Mission locale de Clermont Communauté, avec l’intervenante Florence Sartirano. ©Mission locale de Clermont Communauté

Pôle emploi, une forme de coaching

À Pôle emploi, le mot coaching n’est pas revendiqué. “Ce n’est pas pour autant que nous n’investissons pas dans l’accompagnement très intensif des demandeurs d’emploi, avec un contenu et un rythme soutenu”, explique Karine Meininger, directrice de l’offre de services aux demandeurs d’emploi de l’opérateur. Lequel dispose d’une stratégie nationale dans le cadre du déploiement du conseil en évolution professionnelle, à laquelle viennent parfois se greffer des opérations locales, en partenariat avec d’autres acteurs. “Ces innovations, à la main des Régions, répondent à des besoins des territoires mais peuvent servir à élargir la palette de nos prestations.”

Ainsi, l’“Accompagnement intensif jeunes” concerne des jeunes peu diplômés en difficulté d’insertion. “Ce dispositif prend l’intégralité de la personne en charge. Pendant six mois, des conseillers dédiés travaillent sur le savoir-être, le positionnement en entreprise et effectuent un suivi de trois mois après l’insertion.” Entre 2014 et 2016, 6 700 jeunes par mois sont entrés dans ce dispositif, qui affiche un taux de satisfaction de 76 % et un taux de sortie positive de 67 % en 2016.

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À l’agence Pôle emploi Dijon Nord. © Julien Faure – Pôle emploi

Une autre prestation, globale et intensive, concerne les personnes ayant des “freins périphériques à l’emploi”. Réalisée en binôme avec un intervenant social, elle concerne 2 900 personnes par mois. Enfin, “Regards croisés”, prestation mise en œuvre avec un psychologue du travail, apporte un regard nouveau sur la situation de demandeurs d’emploi un peu “bloqués”. De l’art de faire du coaching sans en dire le nom.

par Christelle Destombes, Centre Inffo, 2017


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